Le 25 novembre 2010, je prends la direction de la Rock School Barbey à Bordeaux, en Gironde, pour assurer la couverture photographique du concert de Gush dans le cadre de leur Everybody's God Tour.
Cette date bordelaise représente pour moi une nouvelle occasion de travailler sur ce que j'aime particulièrement : la photographie de concert, avec tout ce que cela implique de mouvement, de lumière, d'énergie et d'improvisation.
À cette période, Gush défend sur scène son premier album Everybody's God, sorti en 2010. Le groupe est alors constitué de Xavier Polycarpe, Vincent Polycarpe, Mathieu Parnaud et Yan Gorodetzky, quatre musiciens qui partagent les voix, les instruments et une approche très collective de la scène. Leur univers se situe à la croisée de la pop, du rock, de la soul et de la folk, avec une forte place accordée aux harmonies vocales.
Dès les premières minutes du concert, je retrouve ce qui rend la photographie de Gush particulièrement intéressante.
Sur scène, les quatre musiciens ne donnent pas l'impression d'être simplement placés chacun à leur poste. Ils jouent avec les rôles, les instruments et les voix, ce qui crée naturellement du mouvement et des situations différentes à photographier.
Cette dimension collective est précieuse pour un photographe.
Je peux chercher un portrait serré, attendre un échange de regards, isoler une silhouette dans les lumières de scène ou, au contraire, élargir mon cadrage pour montrer les quatre membres de Gush dans leur environnement.
Je dois surtout rester attentif.
En live, une expression peut disparaître en une fraction de seconde. Un geste, un mouvement de tête ou un changement de lumière peuvent complètement modifier une image.
En 2010, Everybody's God est au cœur de l'actualité de Gush. Le groupe défend son premier album sur scène et multiplie alors les dates en France.
La date bordelaise du 25 novembre à la Rock School Barbey s'inscrit dans cette période de tournée consacrée à l'album.
Pour moi, cette étape bordelaise devient donc une nouvelle archive photographique de cette tournée.
Le contexte est particulièrement intéressant : Gush est encore dans cette période où le groupe présente au public l'identité de son premier album et construit progressivement sa réputation scénique.
La Rock School Barbey est évidemment un lieu que j'apprécie pour la photographie de musique.
À Bordeaux, la salle constitue depuis de nombreuses années un lieu important pour les musiques actuelles. Son histoire est directement liée à la diffusion des concerts et à l'accompagnement des artistes.
Pour un photographe, une salle comme Barbey impose de composer avec la lumière disponible, la configuration de la scène et les mouvements permanents des artistes.
Je ne cherche pas à reproduire exactement ce que voit le public.
Mon travail consiste plutôt à trouver les angles qui permettent de raconter la soirée autrement.
Un visage éclairé pendant quelques secondes, une silhouette dans un contre-jour, un mouvement de guitare ou de batterie, les quatre musiciens réunis dans le même cadre : ce sont ces petits instants qui construisent finalement un reportage.
Gush possède une identité musicale difficile à enfermer dans une seule catégorie.
L'univers du groupe à cette époque se situe entre pop, rock, soul et folk, porté notamment par les harmonies vocales des quatre musiciens.
Pour moi, cette diversité se retrouve naturellement dans les images.
Une photographie peut être très graphique et rock, une autre beaucoup plus centrée sur l'expression d'un chanteur ou sur les harmonies du groupe.
La photographie de concert ne consiste donc pas seulement à montrer les instruments.
Elle consiste aussi à essayer de traduire visuellement une musique.
C'est ce que je recherche lorsque je suis au bord de la scène.
Les quatre membres de Gush constituent évidemment le cœur de cette couverture photographique.
Xavier Polycarpe, Vincent Polycarpe, Mathieu Parnaud et Yan Gorodetzky participent tous à l'identité du groupe. Leur polyvalence et le fonctionnement collectif de la formation donnent beaucoup de matière à la photographie.
Je peux passer d'un musicien à l'autre, rechercher les expressions individuelles puis revenir à des compositions plus larges montrant le groupe dans son ensemble.
C'est cette alternance entre portraits, plans de scène et images d'ambiance qui permet de construire un véritable live report photographique.
La difficulté de la photographie live reste toujours la même : le moment décisif ne prévient pas.
Je dois donc observer en permanence.
La lumière change, les musiciens bougent, les positions évoluent et le public réagit.
Je travaille avec cette idée de ne pas simplement multiplier les déclenchements, mais de chercher les images qui possèdent quelque chose : une attitude, une lumière, une composition ou une émotion.
Avec Gush, la dynamique du groupe facilite particulièrement cette recherche.
Les changements de positions et l'utilisation de plusieurs instruments créent continuellement de nouvelles situations photographiques.
Aujourd'hui, avec le recul, ce reportage prend également une dimension documentaire.
Photographier Gush à Bordeaux en novembre 2010, c'est conserver une trace d'une période précise de la carrière du groupe et de la scène musicale française.
C'est aussi conserver une trace de la Rock School Barbey, de son ambiance et de la manière dont les concerts y étaient vécus à cette époque.
Pour moi, c'est une dimension importante de mon travail de Landes Photographe.
Une photographie de concert n'est pas uniquement une image destinée à illustrer une actualité. Elle peut devenir, plusieurs années plus tard, une archive.
Même lorsque je photographie à Bordeaux, en Gironde, mon approche reste celle de Landes Photographe : privilégier le reportage, l'instant et l'authenticité.
Je cherche à raconter ce que j'ai réellement vu.
Je ne peux évidemment pas contrôler la lumière ou les mouvements des artistes. Je dois donc m'adapter à la scène et profiter de ce qu'elle me donne.
C'est précisément ce qui rend la photographie musicale passionnante.
Chaque concert est différent.
Chaque salle possède sa lumière.
Chaque groupe possède son énergie.
Et chaque reportage devient une série d'images différente.
Après le concert, je conserve une chaîne de travail volontairement simple.
J'importe mes photographies avec RapidPhoto Downloader, puis je les organise et les gère dans digiKam. Le traitement des fichiers RAW est réalisé avec Darktable, le tout sous Linux Omarchy.
L'objectif reste avant tout de retrouver l'atmosphère de la soirée et de conserver une série homogène, sans alourdir inutilement le traitement.
Cette soirée du 25 novembre 2010 à la Rock School Barbey reste ainsi une belle occasion de photographier Gush dans une période importante de son parcours.
Entre Pop, Rock, soul, folk, harmonies vocales et énergie live, le groupe offre une matière particulièrement intéressante pour la photographie.
À travers mes images, j'ai cherché à conserver quelques fragments de cette soirée bordelaise : les musiciens, les lumières, les mouvements et cette énergie particulière qui disparaît dès que les amplificateurs s'éteignent.
C'est finalement ce que j'aime dans le reportage photographique de concert : être là lorsque tout se passe, attendre le bon instant et essayer d'en garder une trace.