Le 17 mars 2009 à 14h10, je me rends dans le quartier de Bacalan à Bordeaux, en Gironde, pour réaliser un reportage photographique consacré à un bâtiment qui m'a toujours particulièrement intéressé : la Base sous-marine de Bordeaux.
Pour moi, ce lieu représente immédiatement quelque chose de très fort sur le plan photographique.
Il y a le béton, les volumes monumentaux, les lignes géométriques, les jeux d'ombre et de lumière, mais aussi toute la mémoire historique qui accompagne cette architecture hors norme.
Avec mon regard de Landes Photographe, je cherche avant tout à observer le bâtiment comme un ensemble architectural, à en comprendre les proportions et à montrer ce que ce gigantesque ouvrage produit visuellement.
La Base sous-marine est implantée dans le secteur des Bassins à flot de Bacalan, un quartier de Bordeaux profondément marqué par son histoire portuaire et industrielle.
Aujourd'hui, le quartier est devenu un espace urbain particulièrement contrasté, où se côtoient les traces de l'ancien monde portuaire, les anciennes infrastructures industrielles et des architectures beaucoup plus contemporaines.
En 2009, lorsque je réalise mes photographies, cette transformation urbaine n'a pas encore l'aspect qu'elle possède aujourd'hui.
Mon reportage s'inscrit donc également dans un Bordeaux en pleine évolution.
Photographier ce secteur à cette époque permet de conserver une trace de son paysage urbain et de cette période particulière de mutation des Bassins à flot.
La première chose qui me frappe avec la Base sous-marine, c'est son échelle.
Le bâtiment est gigantesque.
Sa construction débute en 1941 et s'achève pendant la Seconde Guerre mondiale. Le bunker est organisé autour de onze alvéoles et représente plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés de béton. Il pouvait accueillir jusqu'à quinze grands sous-marins.
Face à une architecture pareille, la photographie doit forcément s'adapter.
Les dimensions dépassent largement l'échelle humaine.
Je cherche donc à utiliser les lignes, les perspectives et les différents plans pour donner au spectateur une idée de cette monumentalité.
Ce qui m'intéresse particulièrement dans ce reportage, c'est la relation entre le béton et la lumière.
La Base sous-marine est une architecture qui peut sembler massive et presque monolithique, mais la lumière vient constamment modifier sa perception.
Une ouverture devient une forme géométrique.
Une ombre souligne une structure.
Une perspective conduit naturellement le regard vers le fond d'une alvéole.
Un détail de béton peut devenir, dans le cadre, presque abstrait.
Je ne cherche donc pas uniquement à documenter le bâtiment.
Je cherche aussi à en faire ressortir la dimension graphique.
La photographie d'architecture demande une certaine patience.
Je dois observer les lignes et attendre le moment où elles fonctionnent correctement dans mon cadre.
À la Base sous-marine de Bordeaux, cette recherche devient particulièrement intéressante parce que le bâtiment offre une multitude de possibilités.
Les répétitions, les perspectives, les ouvertures et les volumes permettent de travailler aussi bien sur des plans larges que sur des détails.
Je peux montrer l'immensité d'une structure, puis quelques instants plus tard me concentrer sur une texture de béton ou un élément métallique.
C'est cette alternance qui me permet de construire un véritable reportage.
Impossible de photographier la Base sous-marine sans penser à son histoire.
Le projet est lancé pendant l'Occupation allemande afin d'établir à Bordeaux une grande base pour sous-marins. La construction mobilise une main-d'œuvre considérable et aboutit à un ouvrage dont les dimensions et l'épaisseur des structures témoignent directement de sa fonction militaire.
La base est également liée à l'histoire douloureuse de Bacalan pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le bombardement du 17 mai 1943 a notamment durement touché les secteurs voisins des Bassins à flot et fait de nombreuses victimes parmi la population bordelaise. citeturn0search0
Lorsque je photographie le bâtiment en 2009, cette dimension historique est donc indissociable de son apparence.
Le béton n'est pas simplement une matière photographique.
Il est aussi le témoin d'une période particulièrement sombre de l'histoire européenne.
Le quartier de Bacalan possède une identité très particulière.
Son histoire est intimement liée au port, aux activités industrielles et aux Bassins à flot. Les grues, les rails, les silos, les quais et les anciens bâtiments industriels ont longtemps constitué le paysage quotidien du secteur.
C'est justement cette identité qui rend le quartier passionnant à photographier.
En 2009, je retrouve encore fortement cette atmosphère industrielle.
La Base sous-marine apparaît alors comme un élément majeur de ce paysage.
Elle domine son environnement par sa masse et sa présence.
Ce travail n'est donc pas seulement un reportage sur un bâtiment.
Il s'inscrit aussi dans une réflexion autour de l'urbanisme.
Photographier la Base sous-marine dans son environnement permet de comprendre la relation entre cette architecture militaire gigantesque et le quartier portuaire qui l'entoure.
Je m'intéresse aux volumes, aux distances, aux perspectives et aux rapports entre les constructions.
La photographie devient ainsi un moyen de conserver une image de la ville à un instant donné.
Et cet aspect documentaire me tient particulièrement à cœur dans mon travail de Landes Photographe.
Avec le recul, ces photographies prennent encore davantage de sens.
Un reportage réalisé en 2009 constitue aujourd'hui une archive du Bordeaux de cette période.
Le quartier de Bacalan et les Bassins à flot ont depuis poursuivi leur transformation. De nouveaux équipements, de nouveaux usages et de nouvelles architectures ont progressivement modifié le paysage urbain.
Mes photographies permettent donc également de conserver une trace de ce que j'ai observé à cette époque.
C'est l'un des aspects que j'apprécie le plus dans la photographie : une image peut sembler simplement documentaire au moment où elle est réalisée, puis devenir une véritable archive quelques années plus tard.
Même lorsque je travaille à Bordeaux, en Gironde, mon approche reste celle de Landes Photographe.
Je cherche à raconter les lieux avec un regard de photographe, mais aussi avec une attention particulière portée à leur histoire et à leur environnement.
À la Base sous-marine, je ne cherche pas seulement à produire de belles images.
Je veux montrer ce que le lieu dégage : sa monumentalité, sa rudesse, ses lignes, ses matières et cette atmosphère si particulière.
L'architecture devient alors le sujet principal.
La Base sous-marine est un bâtiment qui semble presque échapper au temps.
Son architecture militaire contraste avec l'évolution du quartier de Bacalan.
Aujourd'hui encore, sa reconversion culturelle lui donne une nouvelle vie. La Ville de Bordeaux présente notamment la Base comme un lieu destiné aux expositions, festivals et spectacles, tandis que Bordeaux Tourisme souligne son caractère atypique et monumental.
Mais lorsque je regarde mes photographies réalisées le 17 mars 2009, je retrouve avant tout le bâtiment dans son état de cette époque.
Un immense volume de béton.
Des lignes puissantes.
Des espaces presque abstraits.
Et cette impression d'être face à une architecture beaucoup plus grande que soi.
Après le reportage, je conserve un flux de travail volontairement simple.
J'importe mes photographies avec RapidPhoto Downloader, puis je les gère et les trie avant de passer au traitement avec Rawmakase.
L'ensemble est réalisé sous Linux Omarchy.
Je reste volontairement bref sur cette partie : pour ce type de reportage, mon objectif est surtout de conserver les matières, les contrastes et la géométrie du lieu sans dénaturer ce que j'ai réellement photographié.
Ce reportage du 17 mars 2009 à 14h10 est pour moi une manière de conserver une trace photographique de la Base sous-marine de Bordeaux, mais aussi d'un morceau du quartier Bacalan et des Bassins à flot.
J'y retrouve tout ce que j'aime dans la photographie d'architecture : les perspectives, les lignes, les matières, les volumes et la lumière.
Mais il y a aussi quelque chose de plus profond.
Photographier un bâtiment comme celui-ci, c'est photographier une partie de l'histoire de Bordeaux.
À travers mes images, j'ai donc cherché à conserver à la fois l'architecture et l'atmosphère du lieu.
Une architecture monumentale.
Une architecture militaire devenue patrimoine.
Une architecture qui continue aujourd'hui à évoluer avec son quartier.
Et surtout un lieu qui, plus de quinze ans après mon reportage, reste immédiatement reconnaissable dans le paysage bordelais.